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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 14:19

Les carnets de Jean Denis

 

 

Les carnets de Jean Denis

roman

 

Texte du volet

 

J’ai parfaitement conscience qu’il suffirait de quelques lignes pour relater ce qui est au fond un fait divers que rien ne distingue de tant d’autres. Quelques lignes qui situeraient les protagonistes et exposeraient les faits tels qu’ils se sont déroulés. Mais précisément, quels faits ? Ombre ? Sans doute, oui, fut-elle coupable, mais coupable de quoi ? Personne ne le saura jamais. Ombre ! Le surnom qu’avait inventé pour elle Nicolas Dantec : Ombre ! Il lui disait Ombre ! Ombre ! Mon Ombre ! Les faits ? Lesquels ? Oui sans doute a-t-elle commis des folies. Que m’importe ! Les faits exacts ? À l’heure actuelle, personne n’en a connaissance, il faudrait une enquête pour les déterminer. Or, j’ai détruit la lettre qui devait informer la Justice, prévenir les Autorités, alerter juges, commissaires, procureurs.



Books on Demand
ISBN 978-2-322-03106-1, Couverture souple, 172 Pages

 

 

Marie Gerlaud

Née en 1964. Elle est l’auteure de L'Entreciel que Joël Jouanneau a adapté pour le théâtre, spectacle créé en mars 2012 au Théâtre le Strapontin (56) et recréé en 2013 au Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis (93). L'Entreciel y sera joué du 16 au 31 mai 2013 dans le cadre du FESTIVAL VI(LL)ES.Les carnets de Jean Denis est son premier roman.

 

Ses œuvres

 

Les carnets de Jean Denis publié chez B.O.D

Blockhaus Atlantique publié chez B.O.D

Le Livre des Jours publié chez B.O.D

L’Entreciel publié chez L'Harmattan

 

http://www.amazon.fr/carnets-jean-denis-Marie-Gerlaud/dp/2322031062/ref=sr_1_3?s=books&ie=UTF8&qid=1363519122&sr=1-3

 

http://www.bod.fr/index.php?id=1786&objk_id=992585

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 12:10

 

La maladie du canal

 

 

Extrait :

 

 

À l’arrêt du moteur, un sourire s’esquissa sur ses lèvres. Dans l’instant le visage redevint lisse, il n’avait pas pour habitude de laisser transparaître ses émotions, ni ses joies ni ses peines. Les unes et les autres déroulaient leur train d’une façon totalement intérieure et il était rare que le regard ou les traits en soient durablement marqués. Tout au plus comme cela venait de se produire un bref sourire ! Il pouvait également arriver que l’œil laisse s’échapper un brusque rai d’irritation, les pupilles se dilataient alors imperceptiblement. Le rideau des paupières s’abattait aussitôt. Lorsqu’il se relevait, il ne restait rien dans les yeux pour témoigner de l’éclair inquiétant venant de les traverser ! Le plus souvent toutefois, l’expression de son visage ne révélait pas grand-chose de ses pensées, lesquelles étaient plus à leur aise à sinuer dans les galeries de l’ombre solitaire qu’à l’envol sur le terrain de conversations animées.

 

Quartier des friches, naissance de l’aube. Dans sa gaine de béton clair, le flot sombre du canal, tranquille, parfaitement dompté.La voiture est en travers de la berge ; elle appartient à la compagnie de taxi « Urban 13 », c’est la 72. Comme toutes celles de la compagnie, elle est de ce bel orangé profond qu’il aime tant ; cela fait six années maintenant qu’il en prend chaque nuit le volant.

 

La main droite, les doigts sur la tête de la clef encore dans le contact sans qu’il se décide à la retirer. Plus exactement, il ne sent pas ses doigts serrés sur elle. Sonné, il ne perçoit plus sa main ni davantage son épaule. Il ne perçoit pas non plus que ses cheveux (ils sont ras, mais il s’est fait la promesse de les garder plus longs dorénavant), ses cheveux comme son dossont aussi trempés qu’à la sortie du bain. Le buste tassé sur lui-même il peine à reprendre ses esprits : Je suis là. Je suis là... là… Où ? Ici. Où : ici ? Là. Là nulle part. Ah. Bon. Bien. Ce que j’y fais ? … rien. Ah… ! S’ensuit un haussement d’épaules purement mental faute du courage (ou bien faute d’avoir la force) de remuer. Silence. Dans ce silence se déploie le soliloque : Je suis… là… là… Nouveau haussement d’épaules toujours purement mental. Bof… ! Avec peut-être un soupir.

 

La main gauche sur le volant comme s’il menait encore la voiture sur la voie ; la voiture lancée comme une bombe ; une bombe pleine puissance : Boum !

 

Boum ! Boum ! Les roues avant presque déjà dans le vide.

 

     L’ultime destination, s’il vous plaît !

 

 

 

Le jeune homme !

 

Effectivement, après s’être longuement laissé dévisager dans le rétroviseur, le jeune homme, sans qu’il ait rien montré d’autre qu’une patiente indifférence, avait finalement lâché les lèvres bougeant à peine

 

     L’ultime destination, s’il vous plaît 

 

 

 

Toute la nuit il avait regardé flotter son image dans le rétroviseur !

 

     L’ultime destination, jeune homme ! 

 

Qui avait parlé ? Personne. Ah. Bon. À son volant, tout haut

 

     C’est parti !

 

Sur ce, ayant bouclé la ceinture de sécurité d’un geste machinal il avait sur-le-champ mis en marche le moteur et le taxi avait pris vers la sortie sud en direction du canal. Dès qu’il l’aperçut, il accrocha son regard à la boursouflure cotonneuse formée par la brume au-dessus de l’eau dans la pâleur fade de la nuit finissante. Mais, avant, il avait jeté un dernier un coup d’œil dans le rétroviseur : le jeune homme n’était plus là ; sans doute s’était-il calé au fond de la banquette contre la portière ; le rétroviseur renvoyait seulement des points scintillants allant s’amenuisant. Les lumières de la ville commençaient déjà à s’éteindre dans certains quartiers. Il s’en était fait la remarque tout à fait en passant, sans qu’elle l’amène pour autant à en déduire qu’il était telle heure ni à se demander où devait en être l’activité humaine à cet instant ; ce ne fut qu’une observation parfaitement neutre, comme s’il apercevait de loin une planète d’une autre galaxie pour laquelle il n’avait aucune curiosité. Elle eut toutefois le mérite de détourner sa pensée du visage qu’il n’avait cessé de guetter dans le rétroviseur la nuit entière ; à chaque intervalle de liberté entre deux courses, tout en restant à son volant, s’étirant le cou et basculant le buste sur la droite, il avait amené ses yeux exactement au centre du rétroviseur s’abîmant alors dans des pensées qu’il aurait été incapable de transcrire. Les yeux dans les yeux du reflet il était prêt !

 

Il avait pénétré dans l’ancienne zone industrielle, la voiture filant entre les murs d’enceinte d’usines aujourd’hui désaffectées. L’avenir de ce quartier était à la démolition, personne ne savait quand.

 

Il aimait se rendre dans le quartier du canal, il aimait l’endroit. L’exprimer par ces mots était une façon tout à fait approximative de définir ses liens avec les lieux. Aimer ! Ce genre de phrase passe-partout avec un verbe au sens si galvaudé était évidemment une manière de dérobade, elle n’indiquait rien des raisons pour lesquelles il se rendait aux friches, ce qu’il allait y chercher. Et si souvent encore ! Sans doute, ses raisons devaient être multiples, et sans doute aussi n’aurait-il pas été aisé de démêler l’écheveau tortueux de leurs motivations ! Surtout, il n’avait pas envie de s’empoisonner avec la question de savoir pourquoi son service terminé la voiture prenait la direction du sud de la ville, vers le canal, plutôt que celle le ramenant directement dans son propre quartier ; la chose se faisait d’elle-même et il n’avait pas besoin d'autre justification que celle d’aimer aller se balader du côté du canal au milieu des usines en ruine !

 

……………………………………………………………………………………………………………………………………………

 

(extrait de "La maladie du canal" - roman en cours d'écriture)

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 13:07

 

 

 

 

L’Œil de la Lune

(les carnets de Jean Denis)

  

  

 Extraits 

  

      

  

  

  

  

 

Carnet I

 

 

 

En sortant du cabinet médical où j’avais été conduit pour un malaise qui s’était finalement avéré bénin, mais qui révélait au grand jour l’excessive nervosité dans laquelle j’étais, n’ayant pas à prendre de décision nécessitant que je regarde droit devant moi, c’est vers le ciel que j’avais tourné mon regard……………………………………………………

………………………………………

Je n’étais donc pas très avancé, planté sur ce trottoir avec ma serviette sous le bras. Je ne la sentais d’ailleurs guère peser, bien qu’elle fût remplie des bricoles que j’avais amassées durant les seize années passées dans le même bureau à gratter du papier, du papier et encore du papier ! J’avais aussi une lettre dans la poche de ma veste, mais je dois dire qu’à cet instant je n’y pensais pas. Elle se trouvait pourtant, à mon insu, être très exactement l’origine de la syncope qui m’avait valu cette consultation médicale inopinée. Pour ce qui était du repos, j’allais pouvoir en prendre tout mon soûl puisque j’étais désormais libre comme l’air. C’est à dire pas libre du tout, l’air ne faisant rien d’autre que suivre la voie qui lui est ou-verte ! Et, nous, nous agissons sans plus de liberté ! C’est en tout cas ma conviction après le séjour que j’ai effectué sur l’île de B. au lendemain de mon malaise.

Tandis que tout est irrémédiablement achevé, les heures vécues sur l’île ne cessent de me hanter sans que rien ne parvienne à me délivrer de l’emprise des visions, impressions et frustrations qu’elles m’ont laissées, sans que je souhaite même en être délivré.

………………………………………

………………………………………

C’était une journée de fin octobre. Dans la matinée, j’avais reçu, plus exactement j’avais ouvert, une enveloppe portant comme suscription : « Bureau du J. », le nom de la rue sans précision du numéro, la ville sans le code postal. ……………………………… La personne qui envoyait la lettre s’était sans doute tenue longuement immobile devant l’enveloppe vierge, le regard fixé sur un point indéfini, scrutant l’abîme de son âme avant de se lancer : « Bureau du J. ». C’était tout ce qu’elle avait pu écrire ! Puis elle était encore restée la pointe du stylo en l’air, perdue. Oui, c’est à peu près ce que j’imaginais. Bureau du J. ! Que l’esprit n’ait pu se résoudre à dicter à la main plus que cette initiale, traduisait l’intensité de l’émotion, la déchirure qui devait motiver cet envoi et surtout l’extrême désarroi de l’expéditeur !

……………………………………………………………… Mon bureau n’était qu’une obscure antichambre des Instances suprêmes ainsi que j’appelais intérieurement toutes ces personnes qui, autour de moi, s’activaient la journée entière sur les « Affaires ». …………………………….. J’observais sans passion, de loin, ne cherchant jamais à prendre la moindre initiative. Les « Affaires » ne m’intéressaient pas...............................................  …………………………………………………………………………….…………………………….…………………………………..………… J’avais malgré tout tenu plusieurs années encore puis j’avais fini par, dans un premier temps, rédiger une lettre de démission que, me sentant à bout, trois ou quatre années après l’avoir écrite, je m’étais décidé d’envoyer. J’y avais mis le temps, mais le dernier matin était enfin arrivé !

………………………………………

………………………………………

……………………………………… Soudain au milieu de ce vide que je sentais épars autour de moi (mais, peut-être, c’était moi qui gisais, mon âme éparse au milieu de ce trop-plein d’armoires à classement, de dossiers en retard, de tiroirs débordants ?) j’ai pensé que je n’avais pas pris connaissance de la lettre à laquelle la photographie de cet enfant était jointe.…………………………………………………………

La lettre retrouvée, je n’étais plus pressé d’en connaître le contenu. C’était mon dernier matin, j’avais le temps. Je soufflais doucement en savourant ma cigarette ne pensant plus à rien d’inquiétant ; j’étais calme et insouciant, assis par terre dans le bureau que j’avais nommé mon bureau pendant seize années, désormais je devais me débarrasser de ce fatras imbécile. La fumée de cigarette montait en volutes gracieuses, dessinant des cercles bleus qui s’écrasaient mollement contre les carreaux. J’étais vraiment très bien. Lorsque ma cigarette fut terminée, j’en sortis aussitôt une seconde, puis une troisième, que je fumai jusqu’au filtre avant d’écraser le mégot à même le parquet. Je jetais de temps à autre un coup d’œil à l’enveloppe, me convainquant, vu l’écriture, de ce que l’expéditeur était une femme.

………………………………………

………………………………………

Subitement, sans aucune raison particulière, je me suis senti affreusement déprimé, suffoquant à des pensées toutes plus sombres les unes que les autres. Si je restais assis au sol, ce n’était plus désormais pour une question de bien-être, mais parce que mes forces étaient en train de m’abandonner. J’eus le sentiment de ne plus rien savoir de cette belle simplicité des choses telles qu’elles m’étaient apparues quelques minutes auparavant, de ne plus rien savoir non plus de l’évidence de mon corps ni de ce dont demain serait fait. Au prix d’un immense effort, je parvins à me relever. J’avais espéré qu’une fois debout les choses redeviendraient normales, mais comme je me dirigeais vers la fenêtre pour prendre un peu d’air, j’ai ressenti des picotements dans les jambes, puis dans tout le corps. Avant d’avoir pu atteindre la fenêtre, mes jambes se sont dérobées sous moi et je me suis écroulé.

Je suis resté étendu sans forces à mi-chemin de mon bureau et de la fenêtre, la tête vide, la respiration douloureuse, n’ayant plus aucune conscience du temps qui s’écoulait....................………………………………………..

………………………………………………………… ……………………………………..Enfin, le collègue m’a conduit chez un médecin.

Comme je sortais de son cabinet, levant les yeux au ciel, j’ai vu un cortège d’oiseaux le traverser. En suivant leur vol du regard, le désir de m’envoler à leur suite s’est emparé de moi. Sans rien imaginer de l’origine de cette pure blancheur, j’ai accroché mon cœur à la pointe de leurs ailes. Je riais tout seul sur mon troisième trottoir, ma serviette sous le bras. C’est une offrande du ciel ! : voilà ce qui me vint à l’esprit, et aussi fou que cela puisse paraître, je les ai réellement suivis !

 

 

 

Carnet II

 

 

 

………………………………………

………………………………………

À la gare maritime, sur le point d'embarquer, je m’efforçais de ne penser qu’à l’instant présent. Une fois à bord, après avoir manqué de peu me prendre les pieds dans l'aussière, je me suis assis à la première place venue que j’ai presque immédiatement quittée, malgré tout gêné de me trouver là. Pour finir, je me suis installé à l'arrière du bateau, j'ai écouté le bruit du moteur et regardé le continent s'éloigner….. Pendant un long moment, j'ai pris plaisir à répéter ces trois mots, jouant à les faire claquer comme un ressac sur mes lèvres : La mer est forte, la mer est forte… … forte… … La mer est forte… la mer est forte…

………………………………………

………………………………………

……………………………………………………. Je me suis mis à regarder les hommes d'équipage scruter le ciel d'un air soucieux, l'un d'entre eux à mon adresse sans quitter les nuages des yeux dit :

 

          Je ne sais pas combien de temps vous comptez rester sur l'île, mais ça, c'est une tempête qui s'annonce !

 

Nous arrivions au port. À mon tour, j'ai levé la tête……… j'éprouvais le besoin de me rassurer à la présence des oiseaux, le besoin de vérifier qu'ils m'accompagnaient encore, que je ne faisais pas fausse route.………………………………………………………………………..

……………………………………………………………………………………………………..

……………………………………. je pénétrai dans le petit cimetière de l'île de B.. Il était si fleuri qu'à l'instant où j'en poussai la grille je me crus encore à regarder par la fenêtre de mon bureau les échoppes des fleuristes ambulants qui avaient envahi le trottoir. Mais, alors que là-bas la vision de toutes ces fleurs m'avait paru vaine sans m'émouvoir, là, au contraire, je trouvais qu'elles procuraient le sentiment d'un mystère impalpable. Le ciel avait des drapés d'acteurs de tragédie. J'ai suspendu mon souffle, ébranlé par le spectacle qui m'était offert, mais aussi par la perception soudaine de l'incongruité de ma présence ici, dans ce petit cimetière de l'île de B…………… ……….…………………… J’entendis des cloches sonner dans le lointain. Le vent les fit teinter bien longtemps encore après qu'elles se furent tues. Ou bien était-ce une illusion ? Quoi qu'il en soit, je n'étais effectivement pas dans le bon cimetière……… et c’était là-bas que je devais me rendre afin de vérifier certains détails de la lettre.

…………………………………….. ……………………… Debout au milieu de ces pierres tombales, en plein vent, je me mis à penser à mon appartement. Je me fis la réflexion que j’y vivais depuis seize ans maintenant. Seize ans !..........................

……………………………………

………………………………………

Chaque nuit pratiquement, c’étaient les mêmes difficultés à trouver le sommeil, les mêmes tourments dès que je me couchais, les mêmes stations sans fin dans la cuisine pour leur échapper. Parfois, au cours des plus affreuses de ces soirées, il m’arrivait d’avoir l’illusion d’entendre les cloches de l’église voisine carillonner. Elles tapaient l’heure, et sa demie, et les quarts : bang ! Bang ! Je les entendais aussi nettement que les battements de mon cœur dans mes tempes, leur vacarme envahissait ma cuisine à en faire vibrer la vitre du vasis-tas.………………………………………………………………………........................... Entendre les cloches sonner en pleine nuit quand on sait très bien qu’elles ne sonnent pas est une chose atroce !.................................................................................................................................

C’était pourquoi alors que j’étais en train de considérer les pierres tombales dans le petit cimetière de l’île de B. et qu’il m’avait semblé entendre des cloches dans le lointain, d’instinct, j’avais émis l’hypothèse que c’était peut-être une illusion………………………il se peut parfaitement que sans avoir entendu le glas, j’aie pourtant eu le sentiment de l’entendre. Mais, sur l’instant…………….

Oubliant presque qu’il me fallait me rendre au nouveau cimetière pour obtenir mes renseignements, j’étais resté un certain temps à me regarder : mentalement, je regardais aller et venir dans sa vie le petit homme que j’avais été jusqu’alors ; c’était comme si j’avais regardé le personnage d’un film !...................................... Dix-sept heures et des poussières : il rentrait chez lui. Le ciel tantôt bleu, tantôt gris. Il s’appelle Jean Denis. Jean Denis. Le type de l’anonyme parfait. Une quarantaine d’années. Visiblement, des années sur lesquelles il n’y avait pas vraiment de questions à avoir, des années à peu près comme tout le monde…………………. Chaque fin d’après-midi, il fait les courses pour son dîner dans un petit supermarché à deux rues de son immeuble……………………… Jean Denis rentre à pied parce qu’il aime marcher dans la ville et peu lui importe la pluie ou le grand soleil, il ne lui viendrait pas à l’idée de monter dans un autobus ou de prendre le métro. Il marche, il regarde le ciel, les gens, les fenêtres : tout ce que l’instant lui offre......................…….……………….. Plus tard, il épluche des pommes de terre, fait griller sa viande, passe à table, débarrasse,l’esprit à autre chose....……………. Il se peut très bien qu’ayant aperçu quelques oiseaux passant haut dans le ciel, inconsciemment, leur vol lui ait évoqué l’image d’un cortège. Rien de plus ! Souvent, il pense : Ah ! voilà encore une histoire !

 

 

 

Carnet III

 

 

 

………………………………………

………………………………………

 

 

 

 

   

   

 

 

(extrait du roman "L'Oeil de la Lune" de Marie Gerlaud - parution 2ème semestre2012)

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  • : Le blog de Marie Gerlaud - Auteure
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  • : "Chacun est plusieurs. Au fond de nous s'est déposée la mémoire d'êtres que nous n'avons pas été, de situations que nous n'avons pas vécues. Et l'écriture permet d'y accéder. Elle est une extension de nous-mêmes. Comme la prière ou... le sommeil." (citation d'Aharon Appelfeld)
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  • Marie Gerlaud
  • Formation de comédienne.Vit aujourd'hui en Bretagne et se consacre essentiellement à l'écriture (ainsi qu'à la lecture !)
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